Chez PAIRS-TND, nous parlons d’intervention par les pairs, et non de simple pair-aidance. Ce choix de mots traduit une posture active, critique et transformatrice, fondée sur l’autodétermination et la légitimité des personnes concernées à agir pleinement dans les politiques publiques.
Chaque intervention est pensée comme un acte de co-construction : une mise en tension des savoirs et une affirmation de la capacité des auto-représentants à transformer les cadres existants.
1. Refuser la délégation, affirmer la co-construction
L’intervention par les pairs ne saurait être une délégation fonctionnelle accordée par des institutions.
Elle n’est pas un « outil » d’inclusion, ni un « levier » d’adhésion.
Elle est une pratique politique autonome, issue de l’expérience vécue, qui vise à transformer les cadres eux-mêmes.
Elle suppose une parole indépendante, structurée et non instrumentalisable.
2. L’autoreprésentation n’est pas un témoignage
Nous ne venons pas « raconter notre vécu » pour illustrer des dispositifs conçus sans nous.
Nous venons co-construire les cadres, porter des projets, et transformer les représentations.
L’autoreprésentation associative est une forme d’organisation politique : elle suppose une structuration juridique, une gouvernance entre pairs et une capacité à se représenter sur le territoire.
3. L’intervention par les pairs se construit entre pairs
La montée en compétence, l’émulation et la production de sens se font entre pairs, sans médiation prescriptive.
Les professionnels peuvent être ressources, mais jamais référents.
Le cœur de l’intervention par les pairs, c’est la capacité à produire du sens, à structurer une parole collective et à agir sans tutelle.
4. Refuser les glissements sémantiques et les captures institutionnelles
Nous refusons les glissements qui transforment les GEM en « lieux d’activités », les pairs en « médiateurs », ou l’autoreprésentation en simple « participation ».
Ces glissements forcent une compatibilité avec des logiques médico-sociales ou de gestion des parcours, au détriment de l’autodétermination et de la portée politique de nos démarches.
Chaque rôle, chaque mot, chaque intervention est situé, porteur de sens, et résiste à toute neutralisation.
5. L’intervention par les pairs est territoriale, mais pas assignée
Nous agissons sur un territoire, mais nous ne sommes pas assignés à une case.
Nous construisons des alliances, interpellons les institutions et portons des projets.
L’intervention par les pairs n’est pas une fonction d’ajustement local : c’est une présence politique située, capable de produire du commun.
6. Une méthode transmissible, pas un modèle figé
Ce que PAIRS-TND construit, ce n’est pas une méthode à appliquer, mais une posture à transmettre.
Chaque groupe doit pouvoir s’approprier cette démarche, l’adapter à son contexte et en faire un levier d’émancipation et d’autodétermination.
Nous refusons les modèles figés, mais affirmons des lignes claires : autonomie, co-construction, et refus de la neutralisation.