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TSA, TDAH ou AuDHD : Pourquoi c’est si flou (et comment y voir plus clair)

Introduction : Sortir de l’impasse des diagnostics uniques

Si vous avez l’impression que votre fonctionnement est une contradiction permanente, vous n’êtes pas seul. Pendant des décennies, le monde médical nous a imposé une vision binaire : c’était « soit l’un, soit l’autre ». En effet, avant la parution du DSM-5 en 2013, les critères officiels considéraient que le diagnostic de Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) excluait d’office celui de TDAH.

Pour beaucoup d’entre nous, obtenir un diagnostic a été une chance immense, un premier pas vers la compréhension de soi. Mais pour ceux qui ont été diagnostiqués dans cette « ancienne ère », cela a aussi été une impasse : une fois l’étiquette posée, on cessait de chercher plus loin. On se retrouvait alors avec des pans entiers de notre quotidien — notre inattention chronique ou, à l’inverse, nos besoins de structure — laissés sans explication. Aujourd’hui, la science rejoint enfin notre expérience vécue : la cooccurrence (ou AuDHD) est la norme pour près d’une personne sur deux.

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Mieux comprendre : Est-ce mon « moteur » ou ma « structure » ?

Pour y voir clair, imaginons que votre cerveau est une maison.

  • La structure (Le TSA – Regard de Laurent Mottron) : L’autisme est une architecture différente. C’est la manière dont vous recevez les informations. Le cerveau autistique reçoit énormément de détails précis, mais met plus de temps à construire la vue d’ensemble. Vos intérêts spécifiques ne sont pas des passe-temps, c’est la charpente de votre maison. Si on l’enlève, tout s’écroule.
  • Le moteur (Le TDAH – Regard de Tony Attwood) : Le TDAH agit comme un moteur au réglage capricieux. Soit il est en surrégime (impulsivité), soit il cale (ennui profond). L’hyperfocus est un « boost » de dopamine temporaire, une lampe torche ultra-puissante qui finit par s’éteindre, contrairement à la charpente stable du TSA.

Quand un trouble en cache un autre

  • Le TDAH qui « camoufle » le TSA : Vous semblez extraverti et bavard par impulsivité, mais vous rentrez chez vous épuisé, réalisant que vous n’avez pas capté les codes sociaux. Le moteur a forcé la marche, mais la structure a subi la surcharge.
  • Le TSA qui « contraint » le TDAH : Vous êtes d’une rigidité extrême et millimétrée. Ce n’est pas par goût de l’ordre, c’est une béquille pour empêcher votre chaos interne (TDAH) de tout faire exploser.

Le traitement : Un levier de clarté

Certains craignent que traiter le TDAH n’efface leur personnalité. En réalité, comme le souligne Lucile Hertzog, le traitement permet souvent de « faire le ménage ». En calmant l’agitation du moteur, on découvre enfin les vrais besoins de notre structure autistique (besoin de calme, sensibilité sensorielle). Ce n’est pas « devenir plus autiste », c’est enfin s’entendre penser.

Conclusion : Devenir l’expert de sa propre complexité

Comprendre que nous sommes à la fois une structure et un moteur, c’est cesser de se voir comme un « cas complexe » pour devenir l’architecte de son propre équilibre. Face aux professionnels, n’hésitez pas à parler de votre fatigue cognitive : c’est le signal d’alarme du surhandicap lié à la cooccurrence. Nous ne sommes pas « trop » ou « pas assez », nous sommes des profils AuDHD, et cette complexité est notre réalité.


📚 Bibliographie pour vos partages (Sources) :

  • Hertzog, L. (2025). Autisme, TDAH, AuDHD : comment différencier ? Centre d’excellence iMIND.
  • Mottron, L. (2024). Si l’autisme n’est pas une maladie, qu’est-ce ? Éditions Mardaga.
  • Baron-Cohen, S. et al. (2024). Brain-Charting Autism and ADHD. Biological Psychiatry.
  • De Giacomo, A. et al. (2024). Identifying Autistic-Like Symptoms in Children with ADHD: A Comparative Study Using ADOS-2.
  • Attwood, T. The Complete Guide to Asperger’s Syndrome (et travaux cliniques sur la cooccurrence).
  • DSM-5 (2013). American Psychiatric Association (Autorisation du double diagnostic).