« témoignage »
Je suis autiste.
Dans certaines actions associatives, j’ai pris la décision de ne plus le dire.
Ce choix n’est pas motivé par la honte, mais par le souci que l’aide que mes pairs me demandent soit réellement prise en compte de manière efficace.
Lorsque j’interviens, c’est souvent parce que leur parole n’est pas entendue. Dire mon autisme à des interlocuteurs qui n’écoutent pas les autistes devient alors un exercice de l’absurde.
En effet, j’ai constaté que le simple fait de le mentionner suffit soudain à disqualifier ma parole et mes expertises.
Pourtant, lorsque je parle avec clarté, maîtrise et précision, on m’écoute. Mais si je révèle que je suis autiste, hors des réseaux TSA, tout vacille : la parole devient suspecte, l’autorité s’effondre, le regard change. Je redeviens, aux yeux de certains, un “fragile” à cadrer, une personne en souffrance, une voix à relativiser, une parole à contourner.
Face à cette situation, je fais ce que je n’aurais jamais imaginé : je tais ce qui fonde mon expertise, je camoufle ce qui me permet d’agir, j’efface ce qui me relie à la personne que je viens accompagner. Je reste en position de pair pour elle, mais je deviens neutre pour l’interlocuteur.
Je deviens ainsi un espion infiltré. Ce silence, même s’il permet d’avancer, me coûte énormément. Il abîme ce que nous portons à PAIRS-TND, révélant à quel point notre parole est encore conditionnée, filtrée, à peine tolérée. Il met en lumière un système où le respect dépend du silence, et où l’expertise ne vaut que si elle ne vient pas de nous.
Oui, ma parole dérange, car elle touche juste. Et quand on ne peut pas la contredire, on m’attaque sur ce que je suis. Mais ce n’est pas moi qu’on cherche à faire taire : c’est ce que ma parole rend visible, ce qu’elle met en lumière sur la condition des autistes et la nécessité d’un véritable respect et d’une reconnaissance authentique.Je suis autiste.
Dans certaines actions associatives, j’ai pris la décision de ne plus le dire. Ce choix n’est pas motivé par la honte, mais par le souci que l’aide que mes pairs me demandent soit réellement prise en compte de manière efficace.
Lorsque j’interviens, c’est souvent parce que leur parole n’est pas entendue. Dire mon autisme à des interlocuteurs qui n’écoutent pas les autistes devient alors un exercice de l’absurde. En effet, le simple fait de le mentionner suffit à disqualifier ma parole et mes expertises.
Pourtant, lorsque je parle avec clarté, maîtrise et précision, on m’écoute. Mais si je révèle que je suis autiste, hors des réseaux TSA, tout vacille : la parole devient suspecte, l’autorité s’effondre, le regard change. Je redeviens, aux yeux de certains, un “fragile” à cadrer, une personne en souffrance, une voix à relativiser, une parole à contourner.
Face à cette situation, je fais ce que je n’aurais jamais imaginé : je tais ce qui fonde mon expertise, je camoufle ce qui me permet d’agir, j’efface ce qui me relie à la personne que je viens accompagner. Je reste en position de pair pour elle, mais je deviens neutre pour l’interlocuteur.
Je deviens ainsi un espion infiltré. Ce silence, même s’il permet d’avancer, me coûte énormément. Il abîme ce que nous portons à PAIRS-TND, révélant à quel point notre parole est encore conditionnée, filtrée, à peine tolérée. Il met en lumière un système où le respect dépend du silence, et où l’expertise ne vaut que si elle ne vient pas de nous.
Oui, ma parole dérange, car elle touche juste. Et quand on ne peut pas la contredire, on m’attaque sur ce que je suis. Mais ce n’est pas moi qu’on cherche à faire taire : c’est ce que ma parole rend visible, ce qu’elle met en lumière sur la condition des autistes et la nécessité d’un véritable respect et d’une reconnaissance authentique.[1][2],[3],[4]